Je vais bien, merci

En juillet dernier, j'ai fait quelque chose que je n'avais pas fait depuis longtemps : j'ai écrit. Beaucoup.
Pour être exact, en juillet, j'ai consacré une majorité de mon temps de "Saïd" à écrire une nouvelle (la fameuse nouvelle du projet Amazonies Spatiales) plutôt qu'à faire quoi que ce soit d'autre. L'écriture, soit la constitution de ma matière première, a devancé en temps et en énergie le maintien de mon site, la prise de photos pour les réseaux, la planification de publications sur ces mêmes réseaux, la mise en page de livres ou leur fabrication. Je suis redevenu quelque temps un écrivain, juste un écrivain, laissant de côté la réflexion sur la communication, la création de contenu, voire même laissant de côté... presque Internet tout entier.
Cela m'a fait du bien.
Du bien, vous dis-je
L'année prochaine, cela fera 10 ans que j'ai publié, sous forme d'e-book, ma première nouvelle. En presque 10 ans d'autoédition, Internet a changé. Le modèle historique des services et divertissements gratuits, financés par la publicité, arrive en bout de course. La toile s'est gorgée de nos données et mise tout son pouvoir sur la puissance des algorithmes de recommandation, dont le fonctionnement, de plus en plus affiné, nous dépasse.
Pourquoi les abonnés à ma page Facebook ne reçoivent-ils pas de notification quand je publie un post ? Pourquoi après une semaine de pause sur Twitter, mes publications sont-elles moins vues que lorsque je publie tous les jours ? Pourquoi y a-t-il autant de vidéos sur Instagram ?
Je vous parlais, en mai 2023, de résoverdose. Tout va si vite qu'aujourd'hui, les conseils que je donnais dans mon article, par exemple sur l'utilisation de Tweetdeck, ne sont plus valides. L'utilisation de cet outil est devenu payant... et Twitter a même changé de nom. Je vous parlais de résoverdose et j'ai l'impression de me répéter. Sauf qu'il y a une différence : contrairement à mes mots encore plein d'espoir du mois de mai, j'écris ceux que vous lisez maintenant avec environ deux semaines de quasi absence des réseaux. Exit les applications de mon téléphone. Pour publier, c'est le PC, sinon rien.
Cela m'a fait du bien, ça aussi.
Le luxe de la raréfaction
Vous commencez sans doute à comprendre que la réflexion est permanente. Même l'idée de me retirer des réseaux un moment finit par faire l'objet d'une réflexion. Pour autant, je ne veux pas tirer trop vite la conclusion que tout est possible sans aucun effort de présence sur Internet lorsqu'on publie des livres, en autoédition ou non, d'ailleurs. Car le "succès" que rencontrerait une telle démarche serait nécessairement biaisé par les années passées à publier et à construire une audience. L'absence serait-elle le luxe d'après la présence ?
Pour le bien de l'écriture, de mon écriture, et donc des histoires que j'aimerais vous faire lire, j'envisage sérieusement de raréfier ma présence sur les réseaux. De cesser d'essayer de jouer le jeu des algorithmes. De tenter, puis de renoncer, à une mise en scène de moi-même à un degré qui conviendrait aux plateformes mais me mettrait mal à l'aise. Est-ce un nouvel arc qui se dessine peu à peu ?
Partagez-moi donc vos manières de faire, si vous créez, vous aussi, avec ou sur Internet. J'ai l'impression, dans mes cercles, de constater des difficultés du même ordre chez les créatrices et créateurs. J'imagine que tout le monde finit par modifier, adapter sa manière de faire, surtout maintenant que le fonctionnement d'Internet, il y a quelque temps envisageable comme un outil compréhensible d'expression libre, semble aujourd'hui glisser vers un mode qui nous échappe.
Horizons parallèles a 5 ans🎊
(Presque) 10 ans d'autoédition est une chose... mais célébrer 5 ans d'Horizons parallèles en est une autre.
Horizons parallèles • saidwords.org
Il y a 5 ans, jour pour jour, je publiai Le portefeuille, première d'une série de 52 nouvelles, diffusées chaque semaine au cours d'une année entière de marathon littéraire.
Si chaque projet apporte son lot de transformations, Horizons parallèles a clairement marqué un tournant dans ma vie d'écrivain, par rapport aux publications qui lui ont précédé. Il est le marqueur d'un défi d'écriture quotidienne. Il est le point de départ d'une création d'e-books personnalisés. Il est l'ouvrage qui m'aura fait passer le cap de la fabrication manuelle de livres papier. Il est ma carte de visite, mon étincelle dans le regard des gens. Il est le projet qui m'a fait, juste un peu, exister en tant qu'auteur.
Non, rien n'a plus été pareil depuis le 1er septembre 2018.
Une promotion publique a permis d'acquérir l'intégrale numérique d'Horizons parlalèlles (53 nouvelles) pour 2€ seulement, toute la journée du 1er septembre. Heureusement, j'ai pensé à vous : utilisez le code HP5ANS dans votre panier et vous aurez accès à cette promo (jusqu'au 06/09 inclus).
Horizons parallèles · l’intégrale 2022 • saidwords.org

